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Égypte : Le défenseur des droits humains Bahey el-Din Hassan condamné à 15 ans de prison

Puni pour des tweets critiques envers les autorités

Le 25 août 2020, la cinquième chambre dédiée aux « affaires terroristes » de la Cour pénale du Caire a condamné Bahey el-Din Hassan, défenseur des droits humains de longue date, à 15 ans de prison sur la base de tweets critiques envers les autorités, ont déclaré 18 organisations de défense des droits humains aujourd’hui. Le jugement prononcé contre Bahey el-Din Hassan, directeur et co-fondateur de l’Institut du Caire pour l’étude des droits de l’homme (CIHRS), sur la base de charges abusives de « publication de fausses informations » et d’« insultes à l’institution judiciaire » est un nouveau point noir pour le système judiciaire égyptien. Le verdict a été prononcé par contumace, puisque Bahey Hassan vit en exil volontaire à l’étranger depuis 2014.

Cette décision est le dernier acte de représailles porté contre Bahey Hassan pour son travail de promotion des droits humains en Égypte. En septembre 2019, un tribunal l’a condamné par contumace à trois années de détention et à une amende de 20.000 livres égyptiennes (1.260 dollars US) pour un tweet dans lequel il critiquait le procureur général égyptien.

En mars 2018, dans le cadre d’une campagne de diffamation ininterrompue menée contre lui par le gouvernement et par les média pro-gouvernement, il a reçu des menaces de mort de la part d’un présentateur de télévision égyptien après que sept organisations indépendantes de défense des droits humains, dont le CIHRS, aient envoyé une note concernant les élections présidentielles en Égypte au Secrétaire-Général des Nations Unies.

Ces actes visent clairement à punir Bahey Hassan pour ses critiques du bilan des autorités égyptiennes en matière de droits humains. Ils visent également à intimider ses collègues du CIHRS et d’autres organisations égyptiennes indépendantes de défense des droits humains.

Ce dernier jugement cite plusieurs tweets de Bahey Hassan comme preuve de ses « insultes au système judiciaire » et de la « publication de fausses informations qui peuvent fragiliser la sécurité publique et les intérêts économiques et nationaux ». Dans ces tweets, il critiquait l’usage de la torture et le manque d’indépendance de la justice. Il demandait également justice pour l’étudiant italien Giulio Regeni assassiné au Caire en janvier 2016 après avoir été kidnappé et torturé.

Sous la présidence d’Abdel Fattah al-Sissi, les autorités égyptiennes ont sévi contre les organisations et activistes des droits humains de manière inédite. Des douzaines d’entre eux ont été arrêtés ou victimes de disparitions forcées, torture, mauvais traitements et harcèlement judiciaire comprenant notamment la tenue d’enquêtes abusives, l’interdiction de voyager ou un gel des avoirs.

Les autorités égyptiennes visent également de plus en plus les défenseurs des droits humains qui vivent désormais en exil en harcelant ou en arrêtant les membres de leur famille encore en Égypte en suivant un schéma clair d’intimidation et de représailles contre leur travail de défense des droits humains.

À propos de Bahey el-Din Hassan

Bahey el-Din Hassan, l’un des fondateurs du mouvement pour les droits humains en Égypte et dans la région arabe, est le directeur et le co-fondateur de l’Institut du Caire pour l’étude des droits de l’homme (CIHRS) et membre des conseils de direction et des conseils consultatifs de plusieurs organisations internationales de défense des droits humains parmi lesquelles la Fondation Euro-Med pour le Soutien aux Défenseurs des Droits Humains (EMHRF), la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch (HRW) et le Centre International pour la Justice transitionnelle (ICTJ). M. Hassan est également l’un des membres fondateurs de EMHRF et d’EuroMed Droits. Il est l’auteur de plusieurs articles sur l’Égypte publiés dans le New York Times et le Washington Post.

Nous, organisations signataires, condamnons fermement le jugement porté contre Bahey el-Din Hassan et la sentence fondée sur des charges montées de toutes pièces en représailles contre son travail légitime en faveur des droits humains. Nous appelons les autorités égyptiennes à infirmer les verdicts portés contre M. Hassan. Nous demandons également aux partenaires internationaux de l’Egypte de dénoncer les stratégies honteuses mises en place par les autorités égyptiennes contre les défenseurs.ses des droits humains. Nous appelons la Haute-Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies, Mme Michelle Bachelet, ainsi que le Conseil des droits de l’homme et les autres mécanismes compétents à agir immédiatement en réponse aux attaques répétées contre les défenseurs.ses des droits humains en Egypte.

Organisations signataires
Amnesty International
Andalus Institute for Tolerance and Anti-violence Studies
Associazione Ricreativa Culturale Italiana (ARCI)
Bar Human Rights Committee of England and Wales
Cultura è Libertà
Egyptian Front for Human Rights
Egyptian Human Rights Forum
EuroMed Rights
Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme
Freedom Initiative
Front Line Defenders
Giuristi Democratici
Human Rights Watch
IFEX
International Service for Human Rights
Project on Middle East Democracy (POMED)
Reporters sans frontières
Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme

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